Synthèse
Le droit individuel à la formation (DIF) a pour objectif
de permettre à tout salarié de se constituer un crédit
d’heures de formation de 20 heures par an, cumulable sur six
ans dans la limite de 120 heures. L’initiative d’utiliser
les droits à formation ainsi acquis appartient au salarié,
mais la mise en oeuvre du DIF requiert l’accord de l’employeur
sur le choix de l’action de formation. La formation a lieu
hors du temps de travail sauf disposition conventionnelle contraire
; elle est prise en charge par l’employeur selon des modalités
particulières.
Qui peut bénéficier du
DIF ?
Peuvent bénéficier du DIF :
Les salariés en contrat de travail à durée
indéterminée ayant au moins un an d’ancienneté
dans l’entreprise. La durée des droits acquis au titre
du DIF est calculée au prorata de leur durée de travail.
Sont en revanche exclus du DIF, les apprentis ainsi que les salariés
en contrat de professionnalisation.
Comment le DIF est-il mis en oeuvre
?
La mise en oeuvre du DIF relève de l’initiative du
salarié, en accord avec son employeur.
La demande du salarié : la loi ne précise pas les
modalités de la demande. En toute logique, elle doit s’effectuer
par écrit en indiquant les informations nécessaires
à l’employeur pour qu’il se prononce sur cette
demande (formation envisagée, durée…). Aucun
délai n’est prévu par la loi pour formuler la
demande, mais le salarié doit s’y prendre suffisamment
à l’avance sachant que l’employeur dispose d’un
délai d’un mois pour répondre. D’ailleurs,
des accords collectifs peuvent prévoir des délais
pour présenter cette demande.
La réponse de l’employeur : l’employeur doit
donner son accord sur le choix de l’action de formation. Il
dispose d’un délai d’un mois pour répondre
au salarié qui a sollicité son accord pour exercer
son droit au titre du DIF. L’absence de réponse dans
ce délai vaut acceptation du choix de l’action de formation
proposée par le salarié.
Pour éviter toute contestation sur les délais, il
semble préférable que la demande du salarié
s’effectue par lettre recommandée avec accusé
de réception.
Le choix de la formation
Des actions de formation prioritaires peuvent être définies
par accord collectif d’entreprise ou de branche ou par accord
interprofessionnel. Le salarié peut alors choisir une formation
parmi celles-ci, bien que ce ne soit pas une obligation.
A défaut d’un tel accord, les actions de formation
accessibles au titre du DIF sont les actions de promotion (celles
permettant d’acquérir une qualification plus élevée)
ou d’acquisition, d’entretien ou de perfectionnement
des connaissances.
Le choix de l’action de formation mise en œuvre dans
le cadre du DIF doit être arrêté par accord écrit
du salarié et de son employeur.
Comment se déroule la formation
?
La formation suivie dans le cadre du DIF se déroule en dehors
du temps de travail. Toutefois, une convention ou un accord collectif
de branche peut prévoir que l’action de formation aura
lieu en partie sur le temps de travail.
Pour les heures de formation effectuées en dehors de son
temps de travail, le salarié perçoit, de son employeur,
une allocation de formation égale à 50 % de sa rémunération
nette de référence. Le salaire horaire de référence
pris en compte pour le calcul de cette allocation s’obtient
en divisant le total des rémunérations nettes versées
au salarié au cours des 12 derniers mois précédant
le début de la formation par le nombre total d’heures
rémunérées au cours de ces mêmes 12 derniers
mois. Des modalités particulières de calcul sont prévues
pour les salariés dont la durée de travail est fixée
par une convention de forfait en jours.
Si la formation a lieu en partie sur le temps de travail, la rémunération
du salarié est maintenue normalement pour les heures passées
à se former.
Qui prend en charge les frais de formation
?
Les frais de formation, ainsi que l’allocation de formation,
sont à la charge de l’employeur, ce dernier pouvant
les imputer sur sa participation au développement de la formation
continue.
Quelles sont les dispositions spécifiques
aux salariés en CDD ?
Les salariés en CDD peuvent bénéficier du DIF
à condition d’avoir travaillé au moins 4 mois
(consécutifs ou non) en CDD, dans les 12 derniers mois. Il
n’est pas obligatoire que l’ancienneté ait été
acquise au titre du même contrat.
Pour ces salariés :
- le volume d’heures acquis au titre du DIF est calculé
au prorata de la durée de leur contrat (à condition
qu’ils justifient d’une durée de travail en CDD
d’au moins 4 mois dans les 12 derniers mois). Par exemple,
un CDD de six mois ouvrira droit à 10 heures de formation
au titre du DIF. Si le salarié travaille à temps partiel,
il convient d’effectuer une double proratisation en fonction
de la durée de son contrat et de son temps de travail. Par
exemple, un CDD de six mois à mi-temps ouvrira droit à
5 heures de formation au titre du DIF ;
- les frais de formation, de transport et d’hébergement,
ainsi que l’allocation de formation due à ces salariés
sont pris en charge par l’organisme paritaire agréé
qui perçoit de l’employeur la contribution 1 % destinée
au financement du congé individuel de formation des salariés
en CDD.
Pour le reste, le DIF est mis en œuvre dans les mêmes
conditions que celles prévues pour les salariés en
contrat à durée indéterminée : choix
de l’action de formation, demande du salarié, réponse
de l’employeur, déroulement de la formation, rémunération…
L’employeur est tenu d’informer les salariés
en CDD de leurs droits au titre du DIF.
Source : Ministère du Travail, de la Solidarité
et de la Fonction Publique